CYCLÉA développe des compétences multiples dans le secteur des déchets

Entreprise à vocation d’insertion, qui emploie 240 personnes dont 25 en contrats aidés, le centre de tri des communes de l’Ouest dispose de nombreux atouts pour accompagner ou porter de nouveaux projets en économie circulaire.

La valorisation à l’export de 24 000 tonnes de matières premières secondaires fait de Cycléa le deuxième exportateur de l’île. Société d’économie mixte du Territoire de la côte ouest (TCO), elle gère le centre de tri et les déchetteries des villes de Saint-Paul, du Port et de La Possession et traite les déchets industriels banals pour le compte d’entreprises clientes.

Depuis 2005, Cycléa est l’opérateur de la collectivité pour le traitement d’une problématique d’intérêt général. Nous employons 70 médiateurs environnementaux qui parcourent nos trois communes pour sensibiliser aux gestes éco-citoyens. Ils animent des ateliers en milieu scolaire et des visites pédagogiques sur notre site

décrit Olivier Wagner, directeur général de l’entreprise. Refondée en 2011 et employant 240 collaborateurs, sur un site de 2,5 hectares au Port, Cycléa trie les déchets propres et secs, provenant des bacs jaunes, de la collecte d’encombrants et des activités économiques.

Nous traitons près de 32 000 tonnes, dont 13 000 tonnes d’encombrants et 10 000 tonnes de déchets professionnels, mais nous sommes dimensionnés pour une capacité de 63 000 tonnes. Nous pouvons donc accepter d’autres missions sur l’ensemble du territoire de l’île

remarque Olivier Wagner. L’entreprise a une activité de négoce pour la valorisation à l’export de la ferraille, du carton, du papier et des plastiques.

À terme, Cycléa se positionne comme un acteur oeuvrant en faveur d’une économie circulaire des déchets.

La vocation de l’entreprise est aussi d’être un incubateur de projets pour les filières environnementales, à La Réunion et dans l’océan Indien.

Le recyclage des batteries industrielles

Depuis 2015, Cycléa effectue des missions à Madagascar et accompagne l’île de Sainte-Marie pendant son Festival des Baleines.

Pour aider à la mise en place d’outils décisionnels dans la filière déchets et contribuer à concevoir des équipements à l’échelle de l’île

explique Olivier Wagner. Une coopération régionale avec les îles voisines pourrait aussi permettre d’atteindre une masse critique de déchets pour mettre en oeuvre des process de valorisation mutualisés.

À La Réunion, 2 500 tonnes de plastique clair (PET) ne suffisent pas à la mise en place d’une unité de valorisation. Nous aimerions créer de la valeur ajoutée en local par le réemploi ou la transformation. Pour certains projets innovants, la complexité règlementaire constitue un obstacle important.

En 2015, Cycléa a créé une nouvelle activité de l’économie circulaire par le recyclage de batteries industrielles, et en particulier celles qui équipent les chariots élévateurs. « L’objectif est de doubler la durée de vie des batteries acide-plomb qui sont recyclables à plus de 90%. Par un traitement mécanique, chimique et électrique, nous nettoyons les éléments sulfatés pour amener la batterie à atteindre sa capacité nominale de près de 3 000 cycles. Sa durée de vie passe de quatre ans à sept ou huit ans, égalant ainsi la durée de vie du chariot élévateur. » En raison de l’isolement de l’île et du coût élevé d’un parc de batteries, cette solution est déjà adoptée par plusieurs entreprises. Cycléa peut ainsi accompagner des démarches de valorisation et des créations de filières en local.

source : supplément de l’Eco-Austral n°312