RVE a modernisé la filière de collecte et de traitement des DEEE

Son nouvel outil industriel permet le traitement semi-automatisé de plus de 6 000 tonnes de Déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) dont le gros électroménager frigorifique.

En octobre 2014, un investissement de 4,5 millions d’euros a permis de doter La Réunion d’un outil industriel de démantèlement automatisé des DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques). Premier équipement de ce type dans les départements d’Outre-mer, l’usine de RVE (Réunion Valorisation Environnement) permet aujourd’hui de transformer directement tous les composants des appareils en matières premières secondaires, triées et calibrées.

En permettant de traiter aussi le gros électroménager frigorifique, cette unité industrielle nous évite d’expédier en Métropole 1 350 tonnes d’équipements qui sont aujourd’hui démantelés sur place, à Saint-André

se réjouit Paul Soubaya, gérant et fondateur de RVE.

Accompagnée à hauteur de 1,15 million d’euros par l’Europe, la Région Réunion et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), RVE a organisé cette filière de collecte et de traitement sous contrat avec Eco-systèmes, l’éco-organisme national chargé d’organiser le recyclage des DEEE.

Nous avons débuté la collecte en 2006, auprès des professionnels, puis dans les déchetteries et auprès de la grande distribution, rappelle Paul Soubaya. En 2015, nous avons collecté 6 000 tonnes d’équipements pour une capacité de traitement qui atteint maintenant 12 000 tonnes.

RVE emploie aujourd’hui 120 collaborateurs et gère une flotte de 15 poids lourds, réalisant un chiffre d’affaires de près de 6 millions d’euros, en croissance régulière de 3% à 4% par an.

Le passage au stade industriel a permis de résoudre un problème de rentabilité car le démantèlement manuel des équipements consommait de plus en plus d’espace et de main d’oeuvre. Une année de collecte représente 24 000 mètres cubes en volume. « Les process ne sont pas mécanisés à 100%, de façon à préserver l’emploi, précise Paul Soubaya. Nous plaçons toujours l’humain au coeur de l’entreprise et nous accueillons une quinzaine de collaborateurs qui appartiennent à un centre d’aide par le travail. » La construction de l’usine a permis d’étendre le site industriel à plus de 2 hectares. Les flux de matières premières secondaires sont valorisés à l’export.

Les matières plastiques sont transformées en chips et les mousses isolantes sont compactées en bûchettes. Il faut trouver de nouveaux débouchés pour ces produits

explique Paul Soubaya.

Le recyclage des panneaux photovoltaïques

Sur son site, RVE accueille aussi, depuis 2016, le recyclage des panneaux photovoltaïques. La collecte est organisée chez les professionnels à partir de 40 panneaux. Un point d’apport volontaire est ouvert à Sainte-Marie, par la société Corex, pour les petits volumes.
Initialement, les panneaux photovoltaïques en fin de vie n’étaient pas considérés comme des DEEE, jusqu’à l’homologation, en janvier 2015, de l’éco-organisme PV Cycle pour le traitement et la collecte.

Les quantités collectées sont peu importantes car la filière photovoltaïque n’a que 10 ans d’existence à La Réunion. Les déchets apparaîtront massivement après 2030, mais 19 tonnes de panneaux ont déjà été collectées depuis 2015.

source : supplément éco-austral n°312